La scène West Coast connait un déclin depuis plus de cinq années. La génération dorée des Snoop, Dr Dre, Eazy-E, 2 pac, Ice Cube et j’en passe n’a pas pu trouver une relève à leur niveau. Beaucoup ont tenté, mais avec échec (Bishop Lamont…). Seul The Game a réussi à s’en sortir avec les honneurs. Il faut dire que avec un passé aussi lourd, difficile à des rookies de s’imposer dans la ville. Pourtant un jeune homme de 25 ans venu de Watts, Nickerson Gardens, a réussi à faire son chemin, et cela sans l’aide des pionniers que l’on connait. C’est seul que Jay Rock commence sa carrière en 2006. Mixtape aprés mixtape, Jay Rock crée son buzz qui dépasse les frontières de Watts grâce à des titres comme Left Me Up. La major Warner Bros le repère et le signe en 2009. En 2010 il est dans la liste finale des Freshman XXL. C’est la que sa carrière décolle. Après la sortie de la mixtape Black Friday, Jay Rock fait le choix de signer sur Strange Music, le label de Tech N9ne. C’est alors que Follow Me Home sort le 26 juillet.

Jay Rock, jeune homme de Los Angeles qui a grandi dans une atmosphère ou règne les gangs de cette ville. Il fait partie du gang Bounty Hunter Bloods qui contrôle Nickerson Gardens. Avoir vécu dans ce type d’environnement vous marque, et cela se ressent dans les thèmes choisis par Jay Rock pour cet album. Gangs, armes, drogues, argent, histoires de rues… Mais à la différence des beaucoup d’autres rappeurs, Jay Rock a fait le choix de mettre l’accent sur les paroles. Au lieu de glorifier ce mode de vie, Jay Rock a offert le privilège au public de faire comprendre, expliquer à son public, comment est la vie d’un jeune vivant dans les hood de L.A. Code Red, vous permet d’en savoir plus sur le gang bangin. C’est sur un production de Phoenix Beats que Jay Rock détaille clairement le code de la « rue ». Sur le sublime No Joke, Jay Rock nous présente un membre de gang (lui même) partagé entre son gang, la drogue et ses perspectives d’avenir. Le rappeur mise sur les lyrics, « Look up in the sky, no stars, helicopters hover« , « OG told me that’s life, Murders keep me rest at night« pour décrire son environnement. Jay Rock évoque même sa paternité »My daughter keep me level-headed, reason why I sacrifice« . Tout cela est anmené par un excellent Ab Soul au refrain.

Hood Gone Love It, WestSide et Elbows sont des peintures faites par Jay Rock des ghettos de L.A. Sur le single Hood Gone Love It, Jay Rock  dit « I paint the picture so perfect, In my cd you see Mona Lisa in person… » c’est tout la que réside la force de Jay Rock! Sur ce titre on retrouve le génie Kendrick Lamar. Mention spéciale pour la production de J.U.S.T.I.C.E League.

Si Westside se veut R’n’b avec Chris Brown, Elbows se veut plus sombre. On y retrouve des sonorités fidèle à la cote ouest. Jay Rock y déverse un flow enragé.

Boomerang constitue une sorte de pause au LP, une pause avant de revenir aux bases propres à Jay Rock. Un son qui peut trouver écho dans n’importe quel club. Après un déuit d’album de haut niveau, on profite de cette pause pour se relâcher.

Un relâchement de courte durée avant All I Know Is, le refrain parle de lui même « All i kwon is gangs, guns, bitches, money…« .

S’ensuit le trés sudiste I’m Thuggin, et une colaboration 100% Strange Music sur Kill Or be Killed en collaboration avec Tech N9ne et Krizz Kaliko.

Just Like Me, parfait titre pour comprendre la guerre des gangs qui gangrène Los Angeles, le traffic de drogue qui en découle et les conséquences de ces deux fléau. La production de Terrace Martin apporte une touche jazzy à la track, surement l’une des meilleurs piste du LP.

Un album de Jay Rock sans une collaboration Black Hippy (Kendrick Lamar, Jay Rock, Ab Soul, Schoolboy Q) n’aurait pas de sens. Un collectif avec un talent indéniable, on a surement ici le futur de la West Coast et pourquoi pas du Hip Hop! Say Wassup…Le dernier couplet est juste énorme!!!!

On approche de la fin de l’album, avec le titre M.O.N.E.Y qui apparaît comme le seul vrai faux pas de Jay Rock sur Follow Me Home. Cela est très vite oublié par la track suivante, Finest Hour avec J.U.S.T.I.C.E League aux commandes, un refrain chantoné par Bj The Chicago kid et Rick Ross sur une prod qu’il affectionne tant.

Plus que deux titres et on clôture ce LP, Life Is A Gamble et All My Life. On ne pouvait pas demander mieux. Sur Life Is A Gamble, Jay Rock montre tout son talent de lyriciste « So if you gamble with your life, if ain’t for the money, do for the right price…« . All My Life en feat avec Lil Wayne, track sortie en 2009 mais qui n’a pas pris une seule ride. Une tres bonne conclusion à cet album.

Au final, Follow Me Home est un excellent album. De loin le meilleur sorti depuis début 2011. Jay Rock a regroupé tout les ingrédients pour la réussite de cet album, collaborations qui vont de paire avec la qualité des productions et des lyrics. L’album est une sorte de biographie, Jay Rock nous invite dans son monde, a savoir le « Bottom Of L.A ».  Un premier album de haute volée qui laisse présager à Jay Rock une carrière solide et de s’imposer comme un rappeur de poids dans le paysage du Rap US… The West Is Back!

17/20

Mr.G